12) Samedi 29 mars a Frouzins et 26 avril chez moi
Programme du 29 mars et 26 avril 2008
A Frouzins et Chez Béa
Texte d’entrée :
Tentative d'épuisement d'un lieu parisien de Georges Perec
Chaque participant doit choisir une photo et la mettre de coté.
1) Le personnage (portrait, narration):
Vous êtes dans un train, le train roule. Décrivez un personnage de votre wagon en vous attardant sur une partie de son corps pour la décrire longuement, puis finissez votre texte par : «et je regarde par la fenêtre».
2) Description :
Décrivez précisément la photo que vous avez choisie..
3) Le personnage (invention) :
Prendre le cadre (paysage) de la photo précédente et inventez un personnage (son nom, son métier, ce qu’il fait en ce moment). Faites le vivre.
.4) Le personnage (dialogue):
Faites se rencontrer votre personnage et le personnage de votre voisin de droite. Ecrivez un dialogue entre eux sous la forme de votre choix (direct, indirect ou indirect libre). Essayez d’indiquer de temps en temps de façon plus ou moins régulière, le ton, la gestuelle et le décor dans lequel ils évoluent.
Direct : Le narrateur fait directement parler les personnages.
q -Va te coucher, tu dors sur la table, s’exclama d’une voix aigre madame Dupuis en regardant son mari affalé dans son assiette.
-Pas encore, j’attends le début du film…
Indirect : Le narrateur rapporte le discourt des personnage.
q Madame Dupuis exhorta son mari à aller se coucher parce qu’il dormait sur la table mais celui-ci refusa.
Indirect libre :
q Madame Dupuis revenait à ses reproches habituels, il ferait bien d’aller se coucher, il dort sur la table…
5) Le personnage (esquisses) :
Faire surgir des personnages à la façon de Georges Perec dans « tentatives d’épuisement d’un lieu parisien ».
Votre train est arrivé à destination. Vous êtes dans le hall de gare. En attendant que l’on vienne vous chercher, vous vous asseyez à la terrasse d’un café et vous regardez les gens passer. Essayez de décrire ce que vous voyez en quelques mots simples, puis choisissez en un et attardez-vous sur lui.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Tentative d'épuisement d'un lieu parisien
de Georges Perec
La date : 18 octobre 1974
L'heure 12 h. 40
Le lieu Café de la Mairie
Plusieurs dizaines, plusieurs centaines d'actions simultanées, de micro-événements dont chacun implique des postures , des actes moteurs , des dépenses d'énergie spécifiques : discussions à deux , discussions à trois, discussions à plusieurs : le mouvement des lèvres, les gestes , les mimiques expressives .
modes de locomotion : marche, véhicule à deux roues (sans moteur, à moteur), automobiles ( voitures privées, voitures de firmes, voitures de louage, auto-école), véhicules utilitaires, services publics, transports en communs , cars de touristes
modes de portage (à.la main, sous le bras , sur le dos )
modes de traction (cabas à roulettes)
degrés de détermination ou de motivation attendre , flâner , traîner , errer , aller, courir vers, se précipiter (vers un taxi libre, par exemple), chercher , musarder, hésiter, marcher d'un pas décidé
positions du corps : être assis (dans les autobus , dans les voitures , dans les cafés, sur les banc s )
être debout (près des arrêts d' autobus , devant une vitrine (Laffont, pompes funèbres), à côté d'un taxi (le payant)
Trois personnes attendent près de l'arrêt des taxis. Il y a deux taxis, leurs chauffeurs sont absents (taxis capuchonnés)
Tous les pigeons se sont réfugiés sur la gouttière de la mairie.
Un camion « Grenelle Interlinge » passe.
Accalmie. Il n'y a personne à l'arrêt des autobus .
Une jeune femme est assise sur un banc , en face de la galerie de tapisseries « La demeure » elle fume une cigarette.
Il y a trois vélomoteurs garés sur le trottoir devant le café.
Des voitures s'engouffrent dans le parking
Il est une heure cinq. Une femme traverse en courant le parvis de l'église .
Un livreur en blouse blanche sort de sa camionnette garée devant le café des glaces (alimentaires) qu'il va livrer rue des Canettes.
Une femme qui tient une baguette à la main passe.
Les automobiles suivent des axes de circulation évidemment privilégiés ( sens unique , pour moi, de gauche à droite) ; c'est beaucoup moins sensible pour les piétons : il semblerait que la plupart vont rue des Canettes ou en viennent.
Des gens trébuchent. Micro-accidents.
Retour (aléatoire) d'individus déjà vus : un jeune garçon en caban bleu marine tenant à la main une pochette plastique repasse devant le café
Le café est plein
Sur le terre-plein un enfant fait courir son chien (genre Milou )
Juste en bordure du café, au pied de la vitrine et en trois emplacements différents, un homme, plutôt jeune, dessine à la craie sur le trottoir une sorte de « V » à l'intérieur duquel s'ébauche une manière de point d'interrogation ( land-art ?)
6 égouttiers (casques et cuissardes) prennent la rue des Canettes .
Deux taxis libres à l'arrêt des taxis, un passe .
Un aveugle venant de la rue des Canettes passe devant le café ; c'est un homme jeune, à la démarche assez assurée.
Deux hommes à pipes et sacoches noires
Un homme à sacoche noire sans pipe
Une femme en veste de laine, hilare ( talons hauts : chevilles tordues )
Une deux-chevaux vertpomme.
Il est 13 h. 35 . Des groupes, par bouffées. La deux-chevaux vertpomme est maintenant garée presque au coin de la rue Férou, de l'autre côté du parvis. Trois taxis à l'arrêt des taxis. Un cycliste télégraphiste. Des livreurs de boissons. Une petite fille avec un cartable sur les épaules.
Pommes de terre en gros. Une dame menant trois enfants à l'école (deux d'entre eux ont de longs bonnets rouge s à pompons)
Il y a une camionnette de croque-morts devant l'église.
Des gens se rassemblent devant l'église (rassemblement du convoi ?)
Rue Bonaparte , une bétonneuse, orange .
Un chien basset . Un homme à noeud papillon . Le vent fait bouger les feuilles des arbres.
Il est treize heures cinquante.
Messageries S.N.C.F.
Les gens de l'enterrement sont entrés dans l'église
Passage d'une voiture auto-école, d'une camionnette de fleuriste, bleu e , qui va se ranger à côté de la camionnette des pompes funèbres et de laquelle on sort une couronne mortuaire.
Avec un magnifique ensemble, les pigeons font le tour de la place et reviennent se poser sur la gouttière de la mairie.
Il y a cinq taxis à l'arrêt des taxis.
La cloche de Saint-Sulpice se met à sonner (le tocsin, sans doute)
Trois enfants menés à l'école. Une autre deux-chevaux vertpomme .
De nouveau les pigeons font un tour de place
Un 96 passe, s'arrête devant l'arrêt des autobus (section Saint-Sulpice) ; en descend Geneviève Serreau qui emprunte la rue des Canettes ; je l'appelle en frappant à la vitre et elle vient me dire bonjour.
Le tocsin s'arrête.
Une jeune fille mange la moitié d'un palmier . Un homme à pipe et sacoche noire.
Il est deux heures cinq . Des gens, par paquets, toujours et encore .
Un curé qui revient de voyage (il y a une étiquette de compagnie aérienne qui pend à sa sacoche).
Un enfant fait glisser un modèle réduit de voiture sur la vitre du café (petit bruit)
Un homme s'arrête une seconde pour dire bonjour au gros chien du café, paisiblement étendu devant la porte .
Une femme passe. Sur son sac il y a écrit « Gudule »
Presque devant le café, un homme s'accroupit pour fouiller dans sa serviette
Un jeune homme passe; il porte un grand carton à dessins
Il n'y a plus que deux vélomoteurs garés sur le trottoir devant le café : je n'ai pas vu le troisième partir (c'était un vélosolex ) (Limites évidentes d'une telle entreprise : même en me fixant comme seul but de regarder, je ne vois pas ce qui se passe à quelques mètres de moi je ne remarque pas, par exemple, que des voitures se garent)
Un homme passe : il tire une charrette à bras, rouge .
Un homme regarde la vitrine de Laffont
En face de « La Demeure » une femme attend, debout près d'un banc.
Au milieu de la rue, un homme guette les taxis (il n'y a plus de taxi à l'arrêt des taxis)
Malissard Dubernay transports rapides passe.
De nouveau les pigeons font un tour de place. Qu'est-ce qui déclenche ce mouvement d'ensemble; il ne semble lié ni à un stimulus extérieur (explosion, détonation, changement de lumière, pluie, etc.) ni à une motivation particulière ; cela ressemble à quelque chose de tout à fait gratuit : les oiseaux s'envolent tout à coup, font un tour de place et reviennent se poser sur la gouttière de la mairie.
Il est deux heures vingt.
Des femmes élégantes . Un Japonais absent, puis un autre, hilare, demandent à un passant leur chemin. Il leur montre du doigt la rue des Canettes , qu'ils empruntent aussitôt.
Passage d'une camionnette « Dunod éditeur ».
Près de l'arrêt des bus, une femme timbre trois lettres et les dépose dans la boîte aux lettres.
Petit chien genre caniche .
Une sorte de sosie de Peters Sellers , l'air très content de lui, passe devant le café. Puis une femme avec deux tout jeunes enfants . Puis un groupe de 14 femmes venant de la rue des Canettes .
J'ai l'impression que la place est presque vide (mais il y a au moins vingt êtres humains dans mon champ visuel).
Une camionnette des postes .
Un enfant avec un chien
Un homme avec un journal
Un homme qui a un grand « A » sur son chandail Un camion « Que sais-je ? » : « La collection « Que sais-je » a réponse à tout »
Un épagneul ?
On sort de l'église les couronnes mortuaires . Il est 2 heures et demie.
On sort la bière. Le tocsin se remet à sonner.
Le fourgon mortuaire s'en va, suivi d'une 204 et d'une méhari vert e.
Le tocsin s

Commentaires